Franche-Bourgogne est engagée dans plusieurs chantiers de recherches historiques, les uns individuels, les autres collectifs.
En février paraîtra l’édition en néerlandais du livre Des paysans au temps de la poule au pot, sur les plateaux de la haute Saône, traduit par Victor Wijtenburg et Yda van der Gracht. Ce livre tente de démontrer que les paysans ne vivaient pas en autarcie mais qu’ils étaient au contraire en contact avec les pays proches et lointains, notamment pour divers produits alimentaires venant souvent de très loin (huile d’olive, raisins de Corinthe, harengs de la Mer du Nord, épices d’Extrême-Orient et d’Afrique). La troisième édition en français est encore disponible.
N.B. : De nombreux Belges néerlandophones et Néerlandais ont une résidence secondaire dans la région, notamment en Haute-Saône, et seront peut-être intéressés. Si vous en connaissez, merci de nous informer pour que nous puissions les contacter.
Depuis plus de dix ans, nous travaillons sur les « tibériades », ces sortes de cartes ou de croquis tracés pour aider à résoudre un litige territorial, le plus souvent lié à un cours d’eau. Franche-Bourgogne a déjà publié cinq volumes contenant les tibériades et les documents qui s’y rapportent. Le sixième, et probablement ultime volume est actuellement en composition. Il comportera l’édition des tibériades de la commanderie de Sales, de la région de Saint-Hippolyte, de la Sablonne, de Chaux-des-Crotenay, mais aussi le croquis de Voisey, la très grande tibériade de Morteau à Saint-Claude, véritable panorama de la chaîne jurassienne, ainsi que des compléments sur la tibériade de Mantoche.
Le livre sur les abbayes, contenant les Actes de la journée d’étude sur les abbayes « filles » d’Abondance (Grandvaux, Goailles, Villers-sous-Chalamont) et autres abbayes et prieurés comtois et jurassiens comme Luxeuil, Baume-les-Messieurs, Mont-Sainte-Marie ou Balerne est désormais paru et sera présenté à la Journée d'étude à Salins le 25 avril prochain. On y trouve aussi un article sur le transfert de l’abbaye d’Ounans à Dole. Ce recueil est dédié à la mémoire de Jean-Luc Mordefroid, ancien conservateur du musée de Lons-le-Saunier, spécialiste des chartreuses.
Camille Bodin nous offrira aussi le travail qu’elle prépare. Il s’agit d’une traduction et d’une édition de Pia carmina, un manuscrit aquarellé du XVIIe siècle, écrit en latin et illustré par Ambroise Le Camp, un chanoine de l’abbaye de Cysoing, en Flandre. Outre le texte traduit, les lecteurs et les chercheurs y trouveront la reproduction en grand format d’une centaine d’aquarelles représentant les villes des Flandres (terme utilisé à l’époque pour désigner toutes les provinces des anciens Pays-Bas), des grandes cités comme Bruxelles, Louvain, Malines, Lille et Arras, mais aussi de toutes petites villes comme Orchies ou Marchiennes. Comme chacun sait maintenant, la Franche-Comté était alors gouvernée depuis Bruxelles et de nombreux Comtois se rendaient en Flandre pour diverses affaires politiques (Bruxelles, Malines), financières (Lille), religieuses (Cambrai, Tournai, Arras, Montaigu), intellectuelles (Louvain), etc.
Un autre chantier, commencé depuis plusieurs années, verra son achèvement : l’édition de la carte de Ferdinand de Lannoy, en 1579. Le livre comportera l’édition de la carte, avec des gros plans sur tous les détails et une multitude d’informations sur la confection de la carte, les symboles qu’elle utilise, et toutes les localités qu’elle représente (par Jean François Girardot, grâce aux contributions de nombreux participants). L’étude cartographique sera complétée par une biographie de Ferdinand de Lannoy profondément corrigée et renouvelée par Bernard Carré.
Nous mettrons ensuite en œuvre le volume des Actes de la journée d’étude sur « le bois et ses usages », qui aura lieu à Salins le samedi 25 avril.
D’autres travaux sont envisagés, voire commencés ; ainsi, Sylvie Poidras a débuté une recherche en archives sur les familles nombreuses (mythe ou réalité ?) à la fin du Moyen Age et au XVIe siècle, en comparant les situations dans le pays de Vaud et en Franche-Comté.
Nous prions les auteurs de bien vouloir nous pardonner, pour les retards de parution ; les ouvrages collectifs prennent toujours beaucoup de temps : entre les premières contributions reçues et les dernières s’écoulent souvent des mois, parfois des années. Patience …
Paul Delsalle